Plus l’épidémie de coronavirus se propage dans le monde, plus l’inquiétude augmente. Ce mystérieux virus est-il vraiment dangereux ? Pour qui ? Qui sont les personnes plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus ? A quel âge ? Réponses du Dr Matthieu Lafaurie, infectiologue.

C’est un fait : le coronavirus a déjà fait des milliers de morts à travers le monde. Mais est-ce que cela suffit à déterminer sa dangerosité ? Pas tout à fait.

A quel âge est-il le plus dangereux ?

“Selon les données de près de 80000 cas en Chine, la mortalité est nulle chez les enfants et quasi nulle jusqu’à 50 ans. Elle augmente ensuite et les décès sont liés le plus souvent à une pathologie sous-jacente ou à l’âge (taux de mortalité de 14,8 % au-delà de 80 ans, 7 % entre 70 et 80 ans). N’oublions pas que la grippe tue chaque année plusieurs milliers de personnes (en France), sans panique (et heureusement), atteignant surtout là aussi les personnes âgées et/ou fragiles“, développe notre interlocuteur. Cependant, si les personnes fragiles sont les plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus, l’ensemble de la population peut être concernée. Quelques cas d’infection grave chez des patients hors personnes âgées ou fragiles ont été constatés dans d’autres pays.

Personnes les plus à risque

Les personnes les plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus

  • personnes âgées de 70 ans et plus (même si les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée) ;
  • patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV
  • les malades atteints de cirrhose au stade B au moins
  • les patients aux antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle, ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, chirurgie cardiaque ;
  • les diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications secondaires à leur pathologie (micro ou macro angiopathie) ;
  • les insuffisants respiratoires chroniques sous oxygénothérapie ou asthme ou mucoviscidose ou toute pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;
  • les personnes avec une immunodépression :
    • médicamenteuses : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive,
    • infection à VIH non contrôlé avec des CD4 <200/mn3
    • consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souche hématopoïétiques,
    • atteint d’hémopathie maligne en cours de traitement,
    • présentant un cancer métastasé.
  • Les femmes enceintes à partir du 3e trimestre
  • Les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 40kg/m2 : par analogie avec la grippe A(H1N1)

Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes souffrant de maladies chroniques (hypertension, diabète), les personnes âgées (plus de 70 ans), immunodéprimées ou fragiles présentent un risque plus élevé. Dans les cas plus sévères, la maladie peut entraîner un décès.

Dr Matthieu Lafaurie, infectiologue à l’Hôpital Saint-Louis (Paris)

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