La recherche de traitement et d’un vaccin contre la maladie Covid-19 avance. Un essai clinique sur 4000 patients est lancé. Tandis qu’un chercheur démontre les effets antiviraux de la chloroquine sur le coronavirus. Le point sur la recherche en cours. Délai de résultats, efficacité, étapes de fabrication d’un vaccin… Décryptage.


Alors que l’épidémie de coronavirus s’est généralisée en France et que de nouveaux cas de contaminations et de décès sont confirmés, 20 projets de recherche sont lancés depuis le 12 mars 2020, dont un essai clinique sur 800 patients français et 3 200 patients européens. Coordonnés par le consortium REACTING, dont le chef de file est l’INSERM, ces projets de recherche s’intéressent à la modélisation de l’épidémie, la recherche de traitement ou encore la prévention. En parallèle, des chercheurs de l’Institut Pasteur ont lancé les premiers tests de prototypes de vaccins sur des souris, mercredi 11 mars. “Les tests vont durer un mois, un mois et demi : on vaccine des souris, ensuite, on leur prend régulièrement du sang pour voir si elles ont fait des anticorps contre le vaccin. Si elles ont fait des anticorps, on les infecte avec le coronavirus et on voit si elles résistent“, explique l’un d’eux sur RTL. En attendant, le Pr Didier Raoult, infectiologue à Marseille annonce des résultats “spectaculaires” avec un traitement à la chloroquine dans le cadre d’essai clinique mené sur 24 patients.

Fabrication d’un vaccin : les grandes étapes:

Les équipes de chercheurs avancent sur l’élaboration d’un vaccin contre le nouveau coronavirus, mais toutes sont unanimes : il va falloir plusieurs mois pour le mettre au point. En effet, il ne suffit pas seulement de trouver la bonne formule, le vaccin doit ensuite être testé sur les animaux, puis sur les humains et ce, à chaque étape de son processus de fabrication. Au total, il faut compter entre 6 et 36 mois pour la production, le conditionnement et la livraison auprès des différents pays concernés qui vont à leur tour effectuer des contrôles de qualité. “Obtenir un vaccin efficace, non toxique et donc utilisable prend des mois voire plusieurs années. Cette épidémie va cependant permettre d’accélérer peut-être la mise au point d’un vaccin actif sur coronavirus, celui découvert à Wuhan en 2019 ou d’autres (comme on a déjà vu il y a 10 et 20 ans avec le SRAS et le MERS) ou au moins aider à optimiser la technique et le ciblage sur coronavirus“, commente Mathieu Lafaurie, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis.

Vaccin contre le coronavirus : quelle efficacité ?

Selon un porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection, il n’est pas raisonnable de penser que le vaccin est une solution à court terme : “L’efficacité d’un vaccin ne peut se démontrer que sur le long terme. Il faut que des personnes vaccinées et non vaccinées contre le virus aient été exposées dans une zone à risque pour que l’on puisse démontrer que la population vaccinée a été moins touchée que la population non vaccinée. Or, cela demande nécessairement un temps long“.

Vaccin contre le coronavirus : quand sera-t-il disponible ?

La Commission européenne a débloqué 10 millions d’euros pour la recherche d’un vaccin contre le coronavirus et soutient un projet mettant en lien 300 hôpitaux et 900 laboratoires. En France, une Task Force (force opérationnelle) a été mise en place à l’Institut Pasteur pour le développement de vaccins.“Nous connaissons la séquence du génome du virus depuis plusieurs semaines, donc on peut commencer à faire des travaux pour le développement d’un vaccin” a précisé le Pr Christophe d’Enfert, directeur scientifique de l’institut Pasteur, à France Info. Là-bas, des chercheurs ont décidé de partir du vaccin de la rougeole (même famille de virus que le coronavirus SARS-CoV-2) pour faire des premiers essais. Ils vont assembler le génome du vaccin de la rougeole avec une partie de celui du coronavirus, pour obtenir un dérivé de vaccin que tous les pays du monde savent produire. Des tests sur des souris vont commencer le 11 mars. “L’Institut Pasteur annonce un délai de 18 mois [soit l’été 2021], or il est tout à fait probable que d’ici 18 mois, l’épidémie de coronavirus n’existe plus dans ces conditions et que, même s’il y a une nouvelle épidémie de coronavirus chinois dans 18 mois, le vaccin développé pour la souche actuelle ne fonctionne plus, c’est ce qui s’est passé pour le SRAS“, précise le porte-parole. 

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